UNE BONNE ANNEE NATURE

Je vous souhaite une nouvelle année 2021 plus saine et belle que la précédente.
Si les périodes de confinement se sont révélées difficiles pour certains,
les personnes disposant d’un coin de nature, petit jardin ou même balcon, ont pu s’adonner à des activités d’observations et de détente autrement plus bénéfiques que de s’abrutir sur les écrans et subir les informations anxiogènes largement diffusées par les médias.
Le confinement a permis d’être plus attentif aux éléments qui nous entourent et
de revenir à des choses simples.
Voici un petit aperçu des observations 2020 faites dans un petit jardin de banlieue.
Elles ne furent pas si catastrophiques que ça, et l’inventaire n’est pas encore terminé

Le criquet riverain (Tetrix subulata) qui vit habituellement dans les milieux humides, est apparu un matin près des rosiers, en pleine période sèche.

Le Syrphe des narcisses (Merodon equestris) profite de l’exsudat sucré déposé par les pucerons sur les feuilles des rosiers. Pour sa défense, cette mouche prend l’apparence d’un bourdon, mais elle est totalement inoffensive. Contrairement à beaucoup d’autres mouches de la famille des syrphes, ses larves ne consomment pas des pucerons, mais des bulbes de narcisses et de lis.

Cette fois c’est un coléoptère, qui prend un aspect de guêpe. Le Clyte bélier (Clytus arietis) vient lui aussi se nourrir des dépôts sucrés sur les feuilles de rosiers. Son activité dans le jardin est liée à la présence d’arbres morts dans lesquels vit sa larve.

La punaise du buis (Gonocerus acuteangulatus) se nourrit en suçant la sève de différents arbustes, en particulier, le buis, le noisetier le rosier. Elle fut bien présente sur le rosier en même temps que ces larves.

Un bison américain sur les poivrons !
Pas d’inquiétude, il s’agit d’un Membracide bison (Stictocephala bisonia) un petit insecte vert porteur de cornes originaire d’Amérique du Nord. Ce cousin des cigales suce la sève des plantes. Il incise les écorces d’arbres pour pondre et recouvre l’ensemble de ses œufs d’une couche cireuse afin de les protéger du froid hivernal. Au printemps, les larves chutent à terre où elles se nourrissent sur les plantes basses comme le trèfle ou le pissenlit. Les adultes préfèrent les arbres, tel le robinier ou le noisetier. En cas de prolifération, ils peuvent causer quelques dommages, en particulier sur la vigne.

Je retrouve tous les ans l’Ariane et le Némusien (Lasiommata maera) un couple de papillons qui semblent s’être adaptés à la vie des villes. Pour maintenir ces papillons, qui deviennent rares dans de nombreuses régions, il convient de laisser dans un coin du jardin, un espace d’herbes folles dont se nourrissent les chenilles.

La Laphrie fauve (Laphria flava), une mouche prédatrice de la famille des Asilidés. On distingue sa trompe acérée, prompte à transpercer les cuticules des insectes, pour se repaitre de leur contenu.

Le Gastéruption à javelot (Gasteruption jaculator) est une guêpe parasite d’une forme étonnante. A noter la finesse de son abdomen fixé au sommet du propodeum (premier segment de l’abdomen rattaché au thorax). La longue tarière de la femelle lui permet de pondre dans les nids des abeilles solitaires où sa progéniture dévorera la larve et les provisions de l’abeille. Les adultes se nourrissent de nectar et de pollen, ici sur l’inflorescence d’une blette.

Les merles (Turdus merula) ont fait leur nid dans le lierre. Si la terre du jardin est trop sèche, ils puisent dans nos pots de fleurs fraichement arrosés, ou au bord de la mare pour façonner la base terreuse de leur nid.

Le rouge queue noir (Phoenicurus ochruros) a utilisé pour la première fois un vieux nichoir qui était en place depuis plusieurs années. Il nourrit ses jeunes de fourmis volantes, très abondantes dans l’atelier lors de l’essaimage.

Pour profiter encore plus, sachons garder un juste équilibre entre un jardin fonctionnel et des espaces où la nature saura s’exprimer, herbes folles, tas de bois, prairies fleuries, petite mare. Il convient bien sûr de ne pas employer de produits toxiques et savoir tolérer la présence de parasites. Eux même attireront des prédateurs qui réguleront leur appétit et nous permettra d’observer des comportements inédits comme ce Sphex mexicain (Isodontia mexicana) qui éprouve beaucoup de difficultés pour transporter la sauterelle qu’il vient de capturer. Elle finira paralysée dans son nid et sera consommée vivante par sa larve.

L’observation de la nature est une occupation que l’on aura tendance à poursuivre même après le confinement. Ainsi j’ai surpris en plein mois d’aout l’un des plus beaux papillons de France, le Flambé (Iphiclides podalirius), qui a fait une petite pause sur le buddleia. Il y a bien cinquante ans que je n’avais pas revu ce papillon dans le jardin.
Sa discrète chenille vit sur le prunellier.

Une invitation à regarder autour de soi comme le suggère Carine Mayo dans son prochain livre « Le bonheur est au jardin » que j’ai eu le grand plaisir d’illustrer. A paraitre en début d’année aux éditions Terre Vivante.

Mais déjà les avions reprennent leurs rotations bruyantes et les flèches des grues apparaissent au-dessus des arbres, s’évertuant à bétonner le dernier ilot vert du quartier, je vais bientôt regretter la période de confinement total.

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Commentaires: 6
  • #1

    Syrato (samedi, 02 janvier 2021 13:11)

    La désobéissance civile devient un devoir sacré quand l'état devient hors la loi ou corrompu
    Gandhi
    Et dernier article des droits de l'homme

  • #2

    Didier Vétillard (samedi, 02 janvier 2021 18:22)

    Se rendez vous sur le blog est toujours une joie!
    La pertinence de tes identifications et la qualité des photos font rêver!
    Là ou je ne vois qu'une cicadelle tu y vois un bison!!!
    ici pour la quatrième année consécutive j'y ai vu le Machaon ...mais il n'as pas fait de chenilles!
    Oui c' est vraiment triste que la zone naturelle en face chez toi disparaisse les élus et les promoteurs bétonnent le quartier et oublient d'y laisser des zones naturelles!!!

  • #3

    Thierry B. (dimanche, 03 janvier 2021 10:36)

    Bonjour Gérard,
    Quel plaisir de regarder tes photos qui sont toujours aussi belles et de lire tes commentaires qui ne peuvent qu'enrichir les connaissances de tes lecteurs. En voyant ce blog, on peut s'apercevoir que la nature nous réserve bien des surprises à condition de prendre le temps de s'arrêter, d'observer, de s'intéresser et bien sûr ceci durera le temps que l'on prendra soin d'elle et que l'on ne la détruise pas à tour de bras par le bétonnage ou pour des intérêts financiers éphémères. Oui pour ceux qui avaient un petit coin de nature, ce confinement a été une aubaine pour des observations, mais je pense que la nature et tous ses habitants ont également apprécié le calme de ne pas être dérangés. Bonne et heureuse année riche en découvertes et en observations nature.
    Amicalement.
    Thierry

  • #4

    Dominique Trotoux (dimanche, 03 janvier 2021 15:28)

    Bonjour Gérard.
    Merci de tes voeux et surtout de ces photos magnifiques comme de tes commentaires si instructifs et passionnants. Liliane et moi te souhaitons ainsi qu'à ta compagne une année heureuse et la plus proche possible de vos désirs?

  • #5

    Marino Dumoulin (mardi, 05 janvier 2021)

    Merci Gérard pour cette année nature. En fait, il faudra qu'un jour tu viennes dans mon jardin pour photographier ces merveilles. On n'imagine pas toutes ces diversités dans un petit endroit.
    Quand tu viendras, Sylvie et toi vous aurez droit à un repas sympathique.
    Bonne année à vous 2 et à vos familles.
    Marino

  • #6

    Michelle (jeudi, 28 janvier 2021 11:42)

    Coucou Gérard. C'est avec un grand plaisir que je retrouve toutes ces photos qui ont empli 2020 et t'ont occupé durant le confinement. Je te remercie de les partager, je vais de découverte en découverte (le flambé ou le bison sur le poivron par exemple, ...). Je les intègre dans notre Newsletter (toujours avec ton accord bien sûr) car je sais que les Juniors du club sont intéressés et passionnés par ton Blog Nature. Nous nous rapprochons davantage de la Nature grâce à toi et sommes de plus en plus attentifs à tout mouvement dans le jardin.
    Merci Gérard ainsi qu'à celle qui t'accompagne pour l'entretien de votre jardin extraordinaire.